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#7
Pet Sounds
L'achèvement de Brian Wilson
par
Gaël Tynevez
illustration de David Scrima
préface de François Gorin
PET
SOUNDS est l’album le plus fameux des Beach Boys, arrivant
régulièrement en tête des classements des meilleurs
disques pop/rock de tous les temps (ou juste derrière le Sergent
Poivre des Beatles). Chef d’œuvre de Brian Wilson, fondateur,
leader, compositeur et producteur du groupe, cet album culte, paru il
y a quarante ans, au mois de mai 1966, a passé sans encombre
l’épreuve du temps, malgré ce nom un peu ridicule,
une pochette très éloignée des canons habituels
de la pop, une humeur musicale crépusculaire et un compositeur
californien totalement sourd d’une oreille. Pourtant, s’il
n’en reste qu’un, ce sera bien celui-là. Oubliés,
pour un temps, les Beach Boys, la maison de disques Capitol... Le génie
Wilson se concentre pour accéder au mythe et produire ces chants
éternels que sont « Wouldn’t It Be Nice »,
« God Only Knows », « Don’t Talk (Put Your Head
On My Shoulder) » ou encore « You Still Believe In Me ».
Autant dire, pour tous ses contemporains, des tables de loi qui font
encore autorité. Il ne passe d'ailleurs pas un jour sans qu'un
film, un reportage ou un écran publicitaire ne les utilise encore.
Il n'est pas un musicien, du plus anonyme au plus célèbre,
qui n'encense la perfection ultime et miraculeuse de ce disque exemplaire,
véritable pierre de rosette du rock. Si curieusement, à
sa sortie, PET SOUNDS n’a pas rencontré
le succès commercial des productions passées des garçons
de la plage, il représente néanmoins l’achèvement
artistique de son auteur, son opus magnum, et, pour ses pauvres concurrents,
la parfaite illustration du mythe de Sisyphe. Mais ce triomphe musical,
cet achèvement, est aussi (et surtout) le début d’un
long déclin personnel. Brian Wilson, incapable de se dépasser
lui-même, cesse toute activité après la débâcle
de SMILE en 1967. Processus de disparition, d’évanouissement,
qui rappelle le chemin emprunté par Syd Barrett, premier chanteur
et fondateur de Pink Floyd. PET SOUNDS, l’achèvement
de Brian Wilson raconte l’histoire de cet album unique,
s’attache à comprendre ses origines profondes, à
faire intimement revivre sa conception, ainsi qu'à mesurer son
influence. Mais il raconte aussi et surtout l'histoire d'un homme, face
à son sacre en même temps qu'à
sa veillée funèbre.
Avocat
au barreau de Paris, Gaël Tynevez
est aussi un grand amateur de musique pop. Collectionneur de disques,
il se passionne pour l’histoire musicale de la Californie, terre
de naissance de la surf music et du country-rock. Tout naturellement,
les Beach Boys deviennent son sujet d’étude de prédilection
et l’amènent à écrire la seule biographie
du groupe en français (L’enfance pour l’éternité,
éditions Camion Blanc, 2002).
160
pages - paru le 25 juin 2007


Le
Mot de l'Auteur
"Prenez
n’importe quel dictionnaire du rock, de préférence
le meilleur, l’Assayas pour ne pas le nommer (comme on dirait
La Pléiade). Finalement, il n’est guère besoin d’aller
au-delà de la lettre b.
Juste, pour le plaisir : The Band, The Beatles, Badfinger, Big Star,
Syd Barrett …et, last but not least, The Beach Boys.
Dissipée la brume des années soixante, il ne reste plus
grand monde pour faire jeu égal avec les 5 fantastiques de Hawthorne,
California. Au sommet de leur production (très exactement 1964-1966),
ils cumulent idéalement art de vivre, philosophie, harmonies,
don de la mélodie et ambition artistique de leur leader, Brian
Wilson.
Pet Sounds, quarante ans après sa sortie, mérite chaque
jour d’être redécouvert. François Truffaut
aimait répéter qu’il passait ses meilleures soirées
à visionner (pour la vingtième ou trentième fois
…) « La splendeur des Ambersons », « Marnie
» ou « Vertigo ».
On en est là.
Ne pas allumer la télé, éteindre le portable, coucher
les enfants, fermer les volets (même si tout ceci a un petit côté
Victor Lazlo !!), et lancer Pet Sounds. Lové dans ce cocon de
notes, le reste n’a que peu d’importance."
Gaël
Tynevez
Sommaire
de
"Pet Sounds"
Pet
Sounds, par David Scrima (illustration)
Préface, de François Gorin
Introduction
Générale
Préambule
The
Beach Boys Pet Sounds
1. In My
Room
2. Sometimes I Feel Very Sad
3. « Oh My God, Sit Back And Listen To This »
Wouldn’t
It Be Nice
You Still Believe In Me
Don’t Talk (Put Your Head On My Shoulder)
Let’s Go Away For Awhile
Sloop John B
God Only Knows
I Just Wasn’t Made For These Times
Caroline, No
L’apport des Beach Boys
Mixage et touches finales
4. Celebrate
The News
5. Time To Get Alone
6. Surf’s Up
7. Do It Again
8. Appendice : Heroes and Villains
9. Florilège : I Can Hear Music
Annexes :
Références bibliographiques
Références discographiques
Références
vidéographiques
Let's Go Surfin' On The Web
Remerciements
Lire
un extrait de
"Pet Sounds"
Introduction
Écrire sur PET SOUNDS, plus de quarante ans
après sa sortie officielle, au printemps 1966, n’est
pas chose facile. Écrire sur soi non plus.
Trop
de clichés, répétés ad nauseam, ont simplifié
le discours critique.
Entre
autres : « PET SOUNDS est peut-être le
meilleur album de tous les temps » ; « Brian, génie
perturbé de la fratrie Wilson, est devenu fou après
cinq années de production intensive passées au service
de Capitol Records (1962-1967) » ; « passé le pont,
les fantômes vinrent à sa rencontre », est-il écrit
sur les intertitres d’un classique du cinéma muet. «
Devenu incapable du moindre effort créatif, il végètera
pendant plusieurs décennies, avant de revenir inexplicablement,
et quasiment sans mot dire, sur le devant de la scène. »
Pourtant,
tout ce que vous venez de lire est (presque) vrai. Reprenons donc.
PET
SOUNDS est l’album le plus fameux des Beach Boys, arrivant
régulièrement en tête (ou juste derrière
le sergent Poivre) des classements des meilleurs disques pop/rock
de tous les temps. Chef d’œuvre de Brian Wilson, le fondateur,
leader, compositeur et producteur du groupe, l’album a passé
l’épreuve du temps sans souci. Sorti chez Capitol Records
au mois de mai 1966, il pourrait aussi bien avoir été
conçu vingt ou quarante ans plus tard. Si PET SOUNDS
n’a pas rencontré à sa sortie le succès
commercial des productions passées des garçons de la
plage, il représente néanmoins l’achèvement
artistique de son auteur, son opus magnum, et, pour ses pauvres concurrents,
la parfaite illustration du mythe de Sisyphe. Mais ce triomphe musical,
cet achèvement, est aussi (et surtout) le début d’un
long déclin personnel, Brian Wilson cessant doucement toute
activité après la débâcle de SMILE en 1967.
Processus de disparition, d’évanouissement, qui rappelle
le chemin emprunté par Syd Barrett, premier chanteur et fondateur
de Pink Floyd.
Après
trente ans d’errance, Brian Wilson est finalement revenu au
premier plan, faisant mentir F. S. Fitzgerald (« il n’y
a pas de second acte dans la vie d’un Américain »).
PET SOUNDS fera tout d’abord l’objet,
en 1997, d’une exceptionnelle réédition, censée
fêter le trentième anniversaire (plus un) de l’album.
Le coffret THE PET SOUNDS SESSIONS, soit plusieurs heures nous plongeant
au cœur de sa création, demeure l’une des plus belles
rééditions des années CD, dont on nous annonce
la fin. Bien mieux, Brian, après avoir bravé sa légendaire
peur panique des apparitions publiques, est remonté sur scène
à la fin des années quatre-vingt dix et a fini, en l’an
2000, par présenter PET SOUNDS live,
dans toute sa majesté, sous le regard parfaitement incrédule
d’admirateurs enfin récompensés après tant
d’années d’attente. « PET SOUNDS,
l’achèvement de Brian Wilson »
raconte l’histoire de cet album unique, s’attache à
comprendre ses origines profondes, à faire intimement revivre
sa conception, puis à mesurer son influence.
Avant
d’entrer dans le vif du sujet, qu’il nous soit permis
de rappeler qu’il fut un temps où un album 33 tours (ou
long player) était un bel objet, avec une pochette cartonnée
et un disque de vinyle noir. Au milieu des années quatre-vingt,
le compact-disc s’est imposé (CD laser-disc, disait-on
sans peur du ridicule). L’industrie musicale a prétendu,
à tort, que nous étions en présence d’une
incroyable innovation technologique, alors que le nouveau format était
en réalité sans aucun attrait esthétique, d’une
durée souvent éprouvante, et plus triste, dénué
de toute charge émotionnelle. Cela peut sembler curieux mais
il était fréquent d’examiner sous toutes ses coutures
la pochette d’un disque 33 tours (et même d’un 45
tours !) avant de le poser sur sa platine. Allongé sur son
lit, on pouvait ainsi passer des heures à détailler
les photos illustrant LONDON CALLING ou déplier, replier, puis
déplier une nouvelle fois 461 OCEAN BOULEVARD. À l’heure
où nous écrivons ces lignes, le CD semble lui aussi
s’apprêter à rejoindre le disque vinyle au musée
des arts anciens, la musique s’écoutant désormais
essentiellement via l’internet, sous forme de fichiers copiables
et transférables à l’infini. Ironie de l’histoire,
alors que le 45 tours n’est plus qu’un souvenir lointain,
nous voyons se développer de nouvelles cultures musicales reposant
sur la diffusion et l’achat de titres uniques, cultures totalement
déconnectées de la notion d’album telle que nous
l’avons connue depuis la fin des années cinquante.
La
masse de chansons disponibles (et téléchargeables) paraissant
sans limite, on recommandera de garder à ses côtés,
au milieu de ce maelström, quelques classiques (finalement, peu
: « Revolver », « Paris 1919 », « GP
» et après ?)… et de suivre une ou deux règles
de vie, si ce n’est de morale. « Back to Mono »
est-il écrit dans les écritures saintes de l’évangile
selon Phil Spector. Plus simplement encore, « Back to PET SOUNDS
».
© 2007,
Les cahiers du rock.
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Chaque exemplaire est numéroté (de 1/100 à 100/100),
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d'un ex-libris (également édité en tirage limité,
signé par son auteur).
Pour
ce livre, l'ex-libris est une photo inédite
de Brian Wilson réalisée et dédicacée
par Christian Rose le 26 juin 2007 lors du concert de Brian Wilson
au Grand Rex de Paris (et aussi le jour de la sortie du livre
!).

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160
pages - paru le 25 juin 2007
12
€
EAN: 978-2916560-069

Revue
de presse
de
"Pet Sounds"

| 
(novembre
2007)
  
Le
principe de cette collection est plus qu'intéressant, car
il permet d'aller au bout d'un thème, d'un artiste, d'un
album ou d'une chanson. L'analyse tous azimuts de notre chère
thématique rock devient possible grâce à ce
format très ouvert, notre musique chérie mérite
bien cela. Le sujet du jour est donc ce fameux album Pet Sounds
des Beach Boys. L'oeuvre en question représente en effet
un tournant majeur dans le travail du groupe. L'auteur en profite
pour fournir aux masses incultes (forcément incultes !)
un historique complet et fort bien documenté. Il s'avoue
fan du groupe et le style est passionné. Les amateurs des
garçons de la plage y retrouveront leurs petits et une
importante somme de détails sur le travail, les chansons
et les raisons de l'évolution. Pour les "non fans"
des Beach Boys (il y en a !), et bien ce document permettra d'ouvrir
un débat, c'est aussi le but d'une telle publication. En
préambule, l'auteur nous parle du mérite comparé
du vinyle et du CD et porte un regard froid sur la consommation
musicale par téléchargement (qui, d'après
lui, tue le concept d'album). Un vaste balayage de points de vue
se cache donc sous la triste appellation du titre d'un album mythique.
Reprenons rapidement : parti d'un gang à succès
pour adolescents bronzés, le groupe n'avait rien de très
rock dans l'attitude (si ce n'est de siphonner quelques riffs
de Chuck Berry !). Sous l'influence des Beatles (qui, avec Revolver,
quittent les hit parades pour s'adonner à l'expérimentation),
Brian Wilson, la figure centrale du groupe, se transforme un beau
matin de 1966 en... "musicien" ! A l'instar d'un Phil
Spector, il découvre les innombrables possibilités
qu'offre une console de studio. De simple chanteur/bassiste, il
endosse le titre de "producteur". L'album est la représentation
sonore de ses talents de mélodiste et de sa soif de perfection.
Il mérite donc sa place dans la malle secrète des
quelques plus grands albums de tous les temps. On aurait peut-être
aimé (enfin moi !) que le regard se prolonge un peu plus
loin vers l'après Pet Sounds et les restes du
groupe de nos jours. Puisque les débuts sont décortiqués,
pourquoi pas la fin ? Mais je finasse, je finasse... C'est bon
pour le fameux débat !
Tony
Grieco
|

| 
(5 août 2007)
Si
les médias ont glosé à l’envie sur
le quarantième anniversaire de "Sergent Pepper"
cette année, celui de "Pet Sounds" l’an
dernier, n’a pas été vraiment fêté.
Il convenait de réparer cette grave injustice. C’est
désormais fait avec ce petit livre qui nous dévoile
tout des coulisses de ce chef-d’oeuvre, jusqu’à
son mixage un tantinet bâclé (écoutez attentivement
Brian Wilson vilipender un musicien sur "Here today").
Gaël Tynevez a déjà écrit une bio des
Garçons de la Plage chez Camion Blanc. Mais ici, il replace
ce sommet créatif dans le parcours des Beach Boys, et en
décrit toute la singularité : lassé de la
scène, Wilson se met en retrait de ses acolytes et utilise
le studio comme un instrument, pour créer solitairement
ce qui de l’avis de ses proches, à commencer par
son père Murry, est de la musique pour bêtes, remplie
de sons de klaxons ou de tintements de verres. S’il ne brille
pas par son style d’écriture rock’n’roll
(son auteur a un métier sérieux puisqu’il
est avocat) il est en revanche très fouillé (on
apprécie les appendices, très utiles pour continuer
l’exploration) et se veut un vibrant plaidoyer aux vibrations
tantôt heureuses tant malheureuses de ce génie qu’est
Brian Wilson. Pas besoin en tout cas de défendre cet album
devant un quelconque tribunal : "Pet Sounds" est depuis
longtemps considéré comme l’un des enregistrements
les plus réussis au monde, et cela ne soulève pas
la moindre objection, ni de la cour ni de la partie civile.
Alain
Cattet
|
Annonce Compact-Crossroads #58 - oct. 2007


Dédicaces
par l'auteur

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